vendredi 6 octobre 2017

François


À 15 ans j'étais anarchiste, je m'habillais de noir, je laissais pousser mes cheveux.
J'étais toujours fourré avec les filles de la classe, pas efféminé du tout mais avec une difficulté certaine à trouver de l’intérêt dans la conversation des mecs. On préparait un bac de chimie, de physique ou de biologie. Moi c'était chimie. Je venais de la proche banlieue et aller au lycée à Paris c'était comme si quelqu'un avait ouvert la porte de ma cage. Je découvrais tout: le rock, la politique, l'alcool, la drogue, la sexualité. Je découvrais la vie quoi.
Mes parents avaient peu de moyens financiers donc coté fringues c'était un peu avec les moyens du bord. Un jean pas à la mode (mais presque) avec le bas retourné façon Lucky Luke, des Clarks noires, toujours en chemise ouverte sur un T-shirt sans logo ni inscription. Quand elle était propre c'était la seule chemise que je portais plusieurs jours de suite
avec une veste en velours côtelé noire un peu déformée par le lest que je portais dans
mes poches (clopes, briquet à essence, bricoles diverses...).
Coté accessoires j'avais un sac en bandoulière de toile orange vif que ma mère m'avait cousu
à partir d'une toile de bâche ou de store – je ne sais plus – et un pendentif bricolé moi-même: un A dans un cercle (le symbole des anars) découpé dans un bout de métal trouvé dans l'atelier de papa et peint en noir, porté avec une cordelette de fil noir.
À dire comme ça, on pourrait se dire que c'était pas terrible, mais en fait non, j'avais un look assumé et "ça le faisait". Un truc improbable situé quelque part entre le gosse de banlieue ouvrière et Johnny Depp dans "Pirate des Caraïbes".

Aucun commentaire:

Publier un commentaire